Financement participatif et jeux de société

Financement participatif et jeux de société

Note des lecteurs

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Le financement participatif pour développer les nouveaux jeux de société, est-ce une bonne idée?

Aujourd’hui le terme financement participatif est bien connu et si vous ne le connaissez pas voici une petite définition :

Définition : « Le financement participatif (en anglais crownfunding) est une expression pour décrire une communauté de personnes qui grâce à différentes méthodes et différents outils de transactions financières peut aider au financement d’un projet. On distingue 4 types de financement participatif tels que le don (en anglais donation crownfunding), la récompense (en anglais compensation crownfunding), le prêt (en anglais credit crownfunding) et l’investissement (en anglais equity crownfunding). »

En ce qui concerne le financement participatif pour les jeux de société (le sujet qui nous intéresse), on est sur des dons et sur des récompenses ou compensations. Je n’ai pas encore vu les 2 autres cas. Si vous l’avez vu n’hésitez pas à m’envoyer le lien par e-mail. Ce système se développe de plus en plus et résultat on peut apercevoir une myriade de nouveaux jeux sur les sites de financement participatif. Ces jeux sont plus ou moins aboutis lorsqu’ils arrivent sur ses sites et aussi plus ou moins supportés par une communauté.

A l’issu du temps imparti pour récolter la somme, il y a 2 possibilités.
La 1ère possibilité, le financement est réussi et l’auteur du jeu (futur éditeur dans la plupart des cas) se lance dans la finition graphique, la production et la distribution du jeu à ceux qui ont souhaité l’avoir dans les compensations  lors du financement. Puis il essai de vendre son jeu soit aux boutiques de jeu via soit sa société d’édition qu’il aura créé, soit en sous-traitant la distribution par un distributeur de jeux ou soit en revendant la licence des gros éditeurs qui pourront mieux le mettre en avant. Par exemple : Archaeologia. (Vous pourrez y voir les différentes compensations proposées en fonction de votre don.)
La 2ème possibilité, le financement n’est pas réussi et le jeu est abandonné sur le cours terme. Les raisons d’un échec du financement participatif  sont nombreuses. Le piège à éviter, c’est le manque de préparation à la campagne de financement participatif. Car réussir une campagne de financement participatif, c’est réussir à convaincre toute une communauté qu’avec ce jeu ils vont prendre beaucoup de plaisir et qu’il est indispensable dans une ludothèque. Et pour les convaincre, vous allez devoir écumer les salons, les journées jeux de société en amont, durant et après la campagne afin de rencontrer les communautés de joueurs afin de vous faire connaître et de faire connaître votre jeu si vous souhaitez réussir. Par exemple : Morbacs Party

Le milieu du jeux de société étant assez petit face à d’autres milieux, d’autres intérêts, la plupart des auteurs de jeu se lancent sur des très gros sites de financement participatif comme KickStarter pour cité le leader qui est anglophone et Ulule pour les francophones de manière à avoir une bonne visibilité parmi les communautés présentes sur ses sites et ainsi augmenter ses chances de réussir la campagne. Ce n’est pas sans conséquence pour le milieu du jeu car on se retrouve avec un multitude de nouveaux éditeurs n’ayant qu’un jeu en stock sur le marché avec derrière pas du tout ou très peu de communication. La plupart du temps, si le jeu n’intéresse pas entre temps un autre éditeur plus gros, ce jeu disparaitra rapidement des étales. Cela a donne aussi de belles opportunités pour les gros éditeurs comme repérer des pépites et pourquoi pas de racheter la licence du jeu.

Prenons le cas d’un jeu comme Time Masters qui a été financé avec succès via a plateforme Ulule. Les auteurs ont créé une société d’édition appelé Mushroom Games pour le commercialiser par la suite mais aussi pour développer aussi de nouveaux de jeux de société. Mushroom Games après avoir réussi le lancement de Time Masters vient de céder les droits à un autre éditeur Morning Player qui est plus gros et plus installé dans le monde du jeux de société.

A côté de cette myriade de nouveaux petits éditeurs de jeu, d’autres plus gros éditeurs mettent leur jeu sur ces plateformes pour faire connaître le jeu (c’est devenu un moyen de communication), pour tester l’idée du jeu et voire si la communauté le soutient ou non (cela revient à une étude de marché sauf que dans ce cas, c’est 100% gagnant pour l’éditeur) et/ ou pour financer le jeu et ainsi éviter un investissement potentiellement risqué comme cela fut le cas pour l’éditeur Morning Player avec le jeu Tuscany (en anglais).

Force est de constater que ce mode de financement n’a que des avantages si la campagne est bien préparée que ce soit pour ceux qui souhaitent lancer leur jeu ou pour les gros éditeurs mais cela reste très chronophage. En effet, une campagne de financement participatif des jeux de société permet d’augmenter sa visibilité auprès du public, de faire une « étude de marché » et d’éviter un investissement plus ou moins risqué. De plus, il permet grâce à la communauté de voire apparaître des nouveaux jeux qui ne seraient sinon probablement jamais sortis comme Time Masters et Archaeologia que j’ai testé et financé pour ne citer que 2 jeux financés sur la plateforme Ulule que je trouve particulièrement bien réussi.